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UDIENZA AL NUOVO AMBASCIATORE FRANCESE (19 DICEMBRE 2005)

Ascolta il servizio trasmesso da Radio Vaticana

Fonte: Radio Vaticana, 19 dicembre 2005

BENEDETTO XVI RICEVE IL NUOVO AMBASCIATORE FRANCESE PRESSO LA SANTA SEDE :  LA VERA LAICITA’ DELLO STATO  – HA DETTO -  NON ESCLUDE LA CHIESA DALLA VITA PUBBLICA. IL PONTEFICE PARLA ANCHE DI FAMIGLIA, MATRIMONIO E BIOETICA E SOTTOLINEA LA NECESSITA’  DI UNA MAGGIORE INTEGRAZIONE SOCIALE IN FRANCIA 

Il vero significato della laicità dello Stato: lo ha chiarito Benedetto XVI ricevendo stamane il nuovo ambasciatore di Francia presso la Santa Sede, Bernard Kessedjian, per la presentazione delle Lettere credenziali. 62 anni, sposato con due figli, Kessedjian è da 28 anni nella carriera diplomatica, già incaricato in Messico, Algeria, Grecia, oltre che presso l’ONU e la Comunità europea.      

Tra gli altri temi in primo piano nel discorso del Papa al diplomatico francese, le tensioni sociali che stanno attraversando la Francia, la difesa dell’istituzione matrimoniale e le questioni bioetiche. Il servizio di Roberta Gisotti.                                                   

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La Francia celebra quest’anno i 100 anni della legge di separazione tra Chiesa e Stato: lo ha ricordato Benedetto XVI, spiegando che “il principio di laicità consiste in una sana distinzione dei poteri, che non è affatto un’opposizione e che non esclude tuttavia per la Chiesa di prendere parte sempre più attiva alla vita della società, nel rispetto delle competenze di ciascuno”:  

“Une telle conception doit aussi permettre de promouvoir…” 

“Tale concezione – ha osservato il Papa rivolto al diplomatico francese - deve anche permettere di promuovere ancor di più l’autonomia della Chiesa, questo sia nell’organizzazione che nella sua missione”.        

Altro tema di scottante attualità per la Francia, toccato dal Santo Padre, sono le “drammatiche” tensioni sociali, che hanno “colpito non solo le periferie della grandi città ma più profondamente tutti gli strati della popolazione”:         

“Les violences internes qui marquent les sociétés et que l’on ne peut que     condamner…” 

“Le violenze interne che marcano le società, e che non si possono che condannare” tradiscono tuttavia un messaggio: rivelano “la profonda insoddisfazione d’una parte della gioventù” ed invitano a considerare le loro richieste e ad offrire una risposta adeguata, nel dialogo costruttivo. Se la Francia ha accolto dopo la Seconda Guerra Mondiale numerosi lavoratori stranieri e le loro famiglie, è importante oggi – ha detto Benedetto XVI - ringraziare loro ed i loro discendenti, di questa ricchezza economica, culturale e sociale alla quale hanno partecipato. Si tratta in definitiva di fare un passo supplementare per l’integrazione sociale di tutti, così in Francia ma anche negli altri Paese europei, “in nome della dignità intrinseca di ogni persona”, che è al centro della società. 

Il Papa ha colto anche l’occasione per richiamare “un attenzione tutta speciale all’istituzione coniugale e familiare, alla quale nessun’altra forma di organizzazione relazionale può essere comparata”, a fondamento della vita sociale e del suo ruolo insostituibile nell’educazione della gioventù, associando autorità e sostegno affettivo, dando ai giovani i valori indispensabili alla loro maturazione personale ed il senso del bene comune, ed anche i riferimenti necessari nella vita nella società.   

Infine una raccomandazione  in materia di bioetica, dove si rivela sempre più “la tendenza a considerare l’essere umano, in particolare dai primi istanti della sua esistenza, come un semplice oggetto di ricerca”:         

“Il importe d’envisager les questions éthiques...”  

“E’ importante affrontare le questioni etiche non in primo luogo da un punto di vista scientifico, ma da quello dell’essere umano, che deve assolutamente essere rispettato. Senza accettare questo criterio morale fondamentale – ha concluso Benedetto XVI – sarà difficile creare una società veramente umana, rispettosa di tutti gli esseri che la compongono, senza distinzione alcuna.”

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LE PAROLE DEL PAPA

- FONTE: VATICAN INFORMATION SERVICE -

Monsieur l’Ambassadeur,

C’est avec joie que je reçois de vos mains les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France près le Saint-Siège. En vous remerciant des paroles courtoises que vous avez bien voulu m’adresser, je vous souhaite une cordiale bienvenue à l’occasion de cette rencontre solennelle qui inaugure la mission qui vous a été confiée ici. Je suis sensible aux souhaits de Son Excellence Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française, vous priant de lui exprimer en retour mes vœux les meilleurs pour lui-même et pour l’ensemble du peuple de France.

Vous savez l’attention particulière de l’Église catholique et du Saint-Siège envers la nation française. Vous connaissez aussi l’engagement de l’Église catholique dans la société, à tous les niveaux. Par votre intermédiaire, permettez-moi, Monsieur l’Ambassadeur, d’adresser mes salutations fraternelles aux Pasteurs et aux fidèles catholiques de votre pays, les encourageant à poursuivre leur mission apostolique et leurs actions de solidarité fraternelle dans les paroisses, les mouvements, les associations; ce sont des attitudes qui appartiennent à la tradition chrétienne et qui trouvent leur fondement dans l’amour du Christ pour chaque personne, digne d’être aimée pour elle-même.

Votre pays célèbre cette année le centenaire de la loi de séparation des Églises et de l’État. Comme l’a rappelé mon prédécesseur le Pape Jean-Paul II dans la lettre qu’il adressait le 11 février dernier aux Évêques de France, le principe de laïcité consiste en une saine distinction des pouvoirs, qui n’est nullement une opposition et qui n’exclut pas cependant pour l’Église «de prendre une part toujours plus active à la vie de la société, dans le respect des compétences de chacun» (n. 2). Une telle conception doit aussi permettre de promouvoir davantage l’autonomie de l’Église, que ce soit dans son organisation ou dans sa mission. À ce propos, je salue l’existence et les rencontres des instances de dialogue entre l’Église et les Autorités civiles, à tous les niveaux. Je suis sûr que cela permettra de faire concourir au bien des citoyens toutes les forces ainsi mises en œuvre et portera des fruits dans la vie sociale.

Comme vous l’avez rappelé, votre pays vient de vivre une période difficile sur le plan social, faisant apparaître la profonde insatisfaction d’une partie de la jeunesse; une telle situation semble avoir atteint non seulement les banlieues des grandes villes, mais plus profondément toutes les couches de la population. Les violences internes qui marquent les sociétés et que l’on ne peut que condamner constituent cependant un message, notamment de la part de la jeunesse, nous invitant à prendre en considération les requêtes des jeunes et à avoir, comme le rappelait Mgr Jean-Pierre Ricard, Archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence des Évêques de France au terme de l’Assemblée de Lourdes au mois de novembre dernier, «une réponse à la hauteur de ces tensions dramatiques de notre société». Permettez-moi de saluer ici tous ceux qui se sont engagés, notamment par le dialogue et la proximité fraternelle avec les jeunes, pour que le climat social soit à nouveau pacifié, car il s’agit là d’une responsabilité de tous les citoyens.

Votre pays a accueilli de nombreux travailleurs étrangers et leurs familles, qui ont largement contribué au développement de la Nation depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale. Il importe aujourd’hui de les remercier, eux et leurs descendants, de cette richesse économique, culturelle et sociale à laquelle ils ont participé. La plupart d’entre eux sont devenus ainsi des citoyens français à part entière. Le défi consiste aujourd’hui à vivre les valeurs d’égalité et de fraternité, qui font partie des valeurs mises en exergue par la devise de la France, prenant soin de faire en sorte que tous les citoyens puissent réaliser, dans le respect des différences légitimes, une véritable culture commune, porteuse des valeurs morales et spirituelles fondamentales. Il importe aussi de proposer aux jeunes un idéal de société et un idéal personnel, pour qu’ils conservent des raisons de vivre et d’espérer, et qu’ils aient davantage confiance en un avenir meilleur leur permettant d’édifier leur existence, de trouver un travail pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, pour avoir le bien-être auquel ils ont naturellement droit. C’est donc en définitive à faire un pas supplémentaire pour l’intégration de tous dans la société que votre pays est invité, de même que d’autres nations du Continent, au nom même de la dignité intrinsèque de toute personne et de son caractère central dans la société, que rappelait le Concile œcuménique Vatican II (Gaudium et spes, n. 9), comme vous l’évoquiez vous-même. La paix sociale est en grande partie à ce prix.

Il convient aussi de porter une attention toute spéciale à l’institution conjugale et familiale, à laquelle aucune autre forme d’organisation relationnelle ne peut être comparée. Elle est en effet le fondement de la vie sociale et elle a un rôle irremplaçable dans l’éducation de la jeunesse, associant autorité et soutien affectif, donnant à tous les jeunes les valeurs indispensables à leur maturation personnelle et le sens du bien commun, ainsi que les repères nécessaires à la vie en société. Pour ce faire, elle doit être aidée et soutenue, pour ne pas démissionner de sa mission éducative et laisser alors les jeunes livrés à eux-mêmes. Je veux saluer ici les éducateurs, le milieu scolaire et tous les mouvements qui s’attachent à soutenir les parents dans leur tâche éducative, les aidant à former la conscience des jeunes, pour que ces derniers puissent être demain des adultes responsables non seulement d’eux-mêmes mais aussi de leurs frères en humanité et de la bonne marche de la société. Que tous sachent que l’Église, qui s’attache partout à défendre la famille, veut les aider dans leur tâche.

D’autre part, il importe que les jeunes soient accompagnés, pour qu’ils puissent prendre leur vie en main et se sentir membres à part entière de la société. Tout cela contribuera grandement à la cohésion nationale entre les générations et à la création d’un tissu social plus fort. Dans ce même esprit, je souhaite attirer aussi l’attention de tous les hommes de bonne volonté sur les décisions et les actions en matière de bioéthique, qui montrent que l’on a de plus en plus tendance à considérer l’être humain, notamment dans les premiers instants de son existence, comme un simple objet de recherche. Il importe d’envisager les questions éthiques non pas d’abord du point de vue de la science, mais de celui l’être humain, qui doit impérativement être respecté. Sans acceptation de ce critère moral fondamental, il sera difficile de créer une société vraiment humaine, respectueuse de tous les êtres qui la composent, sans distinctions aucunes.

Pour de multiples raisons, votre pays est attentif aux pays émergents et à ceux qui peinent à engager un véritable développement économique et social. Le récent sommet Afrique-France, qui s’est tenu au Mali, en est une expression. Les pays riches ont une grande responsabilité dans la croissance des sociétés et dans l’épanouissement des citoyens des nations en difficulté, non seulement pour leur fournir des aides financières, mais aussi pour former techniquement les cadres et le personnel qui rendront ces nations de plus en plus autonomes et protagonistes dans l’économie mondiale. Ils sont appelés à participer notamment à l’établissement de structures locales autosuffisantes permettant aux habitants d’avoir les ressources nécessaires à leur subsistance. Il devient en effet plus que jamais urgent que se poursuivent et s’intensifient les actions les plus concrètes possibles, prenant appui sur les populations locales, en particulier les femmes et les jeunes, qui, notamment dans les sociétés africaines, ont une place primordiale et peuvent grandement donner un nouvel élan à l’économie et à la vie sociale.

Au terme de notre rencontre, je vous adresse, Excellence, mes vœux les plus cordiaux pour la mission que vous inaugurez aujourd’hui. Soyez assuré que vous trouverez toujours auprès de mes collaborateurs l’attention et l’aide dont vous pourrez avoir besoin.

En confiant le peuple de France et ses Autorités à la bienveillance de Notre-Dame de Lourdes et aux nombreux saints et saintes de votre terre, si chers au cœur de bon nombre de vos compatriotes, je demande au Seigneur de les soutenir tous, afin que, puisant dans le patrimoine et la longue tradition spirituels qui sont les leurs, ils puissent édifier une société de paix et de justice, et contribuer à une solidarité toujours plus grande entre les personnes et entre les peuples. Bien volontiers, je vous accorde, Excellence, la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à vos collaborateurs et à vos proches.

 

 

 

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