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INCONTRO
CON L'ARCIVESCOVO DI ATENE (14 DICEMBRE 2006)
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Fonte,
Radio Vaticana, 14 dicembre 2006
STORICO
INCONTRO OGGI IN VATICANO TRA BENEDETTO XVI E
L’ARCIVESCOVO DI ATENE E DI TUTTA LA GRECIA
CHRISTODOULOS
Storico
incontro, stamane in Vaticano, tra Benedetto XVI e
l’arcivescovo ortodosso di Atene e di tutta
la Grecia
, per la prima volta in visita ufficiale al Papa e alla
Chiesa di Roma. In una Dichiarazione comune il Pontefice e
l’arcive-scovo Christodoulos hanno sottoscritto la
necessità di perseverare nel cammino di un dialogo
teologico costruttivo per ristabilire la piena unità dei
cristiani. Il servizio di Roberta Gisotti.
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Con
“gioia profonda” Benedetto XVI ha accolto a Roma,
primo Papa nella storia, l’arcivescovo di Atene e di
tutta
la Grecia
, a ravvivare “la grande tradizione cristiana” sorta e
sviluppatasi in quel glorioso Paese. Gli ha fatto eco Sua
Beatitudine Christodoulos, grato di scambiare con il Santo
Padre “il bacio fraterno della carità” e di segnare
“una nuova tappa sul cammino comune” “per affrontare
i problemi del mondo attuale”, che sono molti e
complessi. Si sono scambiati un abbraccio e si sono
stretti a lungo la mano, Benedetto XVI e l’arcivescovo
Christodoulus, prima di entrare nella sala della
Biblioteca del Palazzo apostolico per il colloquio.
“Aujourd’hui,
nos relations reprennent lentement …”
“Oggi
le nostre relazioni riprendono lentamente, ma in profondità
con una sollecitudine per l’autenticità”, ha detto il
Papa, ricordando “la memorabile visita” di Giovanni
Paolo II ad Atene, nel suo pellegrinaggio sulle orme di
San Paolo nel maggio del 2001, segnando “una tappa
fondamentale” per la progressiva collaborazione
“culturale e pastorale”.
Benedetto
XVI ha quindi richiamato con vigore “cattolici e
ortodossi” “ad offrire il loro contributo culturale e
soprattutto spirituale” per difendere le radici
cristiane dell’Europa:
“Ils
ont en effet le devoir de défendre les racines chrétiennes
…”
Radici
che hanno forgiato l’Europa nel corso dei secoli
permettendo alla tradizione cristiana di operare in difesa
della persona umana, del rispetto delle minoranze,
evitando un’omologazione culturale che rischierebbe di
portare alla perdita di immense ricchezze della civiltà.
L’Europa “non può essere una realtà esclusivamente
economica”, ha ammonito il Papa. I cristiani in ogni
Paese dell’Unione Europea devono insieme “affrontare i
nuovi pericoli”: “ovvero la secolarizzazione
crescente, il relativismo e il nichilismo, che aprono la
strada a comportamenti e persino a leggi che minacciano la
dignità inalienabile delle persone e che mettono in
discussione istituzioni fondamentali come il
matrimonio”.
Fortemente
preoccupato anche l’arcivescovo Christodoulos da
“tutto ciò che minaccia i valori e le strutture della
civilizzazione europea profondamente impregnata dalla fede
cristiana”:
“Le
courant prônant la déchristianisation progressive de
l’Europe, …”
In
particolare - ha detto - “la corrente che propugna la
progressiva scristianizzazione del Continente europeo, e
mira all’esclusione della Chiesa dalla vita pubblica e
la sua marginalizzazione sociale”.
Dopo
i due discorsi il momento emozionante che ha visto
Benedetto XVI e l’arcivescovo Christodoulos apporre le
loro firme su una Dichiarazione comune che impegna “a
superare nell’amore” “le tante difficoltà e le
esperienze dolorose del passato”, consapevoli del
“compito comune” di percorrere insieme il cammino
arduo del dialogo nella verità in vista di ristabilire la
piena comunione dei cristiani. Da qui la necessità
sottoscritta di “perseverare nel cammino di un dialogo
teologico costruttivo” e la responsabilità pure “di
rafforzare il dialogo interreligioso”. Nei 12 punti
della Dichiarazione anche le urgenze per rispondere alle
sfide dei tempi: anzitutto le sfide etiche poste dal
progresso delle scienze, occorre rispettare il carattere
sacro della persona umana e la sua integrità in tutte le
tappe dell’esistenza, dal concepimento alla morte
naturale. Quindi il richiamo ad una maggiore tutela dei
diritti fondamentali in Europa e nel mondo e agli obblighi
di solidarietà verso i più poveri e ad affermare la
pace.
Benedetto
XVI e l’arcivescovo Christodoulos esprimono infine il
desiderio di collaborare per lo sviluppo delle società, a
servizio dell’uomo e dei popoli, offrendo testimonianza
di fede e di speranza.
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DISCORSO
DEL PAPA
Béatitude,
Chers Frères
dans le Christ qui accompagnez le vénérable Archevêque
d’Athènes et de toute la Grèce à l’occasion de
notre rencontre fraternelle, je vous salue dans le
Seigneur.
Avec une
joie profonde, je suis heureux de vous accueillir avec la
même formule que saint Paul adressait «à l’Église de
Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés
dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous
ceux qui invoquent en tout lieu le nom de notre Seigneur Jésus
Christ» (1 Co 1, 2). Au nom du Seigneur et avec
une affection sincère et fraternelle, je vous souhaite la
bienvenue parmi nous, dans l’Église de Rome, et je
remercie Dieu qui nous donne de vivre ce moment de grâce
et de joie spirituelle.
Votre présence
ici ravive en nous la grande tradition chrétienne qui est
née et qui s’est développée dans votre bien-aimée et
glorieuse Patrie. À travers la lecture des Épîtres de
Paul et des Actes des Apôtres, cette tradition nous
rappelle quotidiennement les premières communautés chrétiennes
qui se sont formées à Corinthe, à Thessalonique et à
Philippes. Nous nous souvenons ainsi de la présence et de
la prédication de saint Paul à Athènes, et de sa
courageuse proclamation de la foi au Dieu inconnu et révélé
en Jésus Christ, et du message de la résurrection,
difficile à entendre pour ses contemporains.
Dans la
première épître aux chrétiens de Corinthe qui ont été
les premiers à connaître des difficultés et de graves
tentations de division, nous pouvons voir un message
actuel pour tous les chrétiens. En effet, un danger réel
apparaît lorsque des personnes ont la volonté de s’identifier
à tel ou tel groupe en disant: Moi, j’appartiens à
Paul, moi à Apollos, moi à Céphas. C’est alors que
Paul pose la redoutable question : «Le Christ est-il
divisé ?» (1 Co 1,13).
La Grèce
et Rome intensifièrent leurs relations dès l’aube du
christianisme et poursuivirent leurs rapports, qui ont
donné vie aux différentes formes de communautés et de
traditions chrétiennes dans les régions du monde qui
aujourd’hui correspondent à l’Europe de l’Est et à
l’Europe de l’Ouest. Ces intenses relations ont également
contribué à créer une sorte d’osmose dans la
formation des institutions ecclésiales. Cette osmose –
dans la sauvegarde des particularités disciplinaires,
liturgiques, théologiques et spirituelles des deux
traditions romaine et grecque – a rendu fructueuse
l’action évangélisatrice de l’Église et l’inculturation
de la foi chrétienne.
Aujourd’hui,
nos relations reprennent lentement mais en profondeur et
avec un souci d’authenticité. Elles sont pour nous l’occasion
de découvrir toute une gamme nouvelle d’expressions
spirituelles riches en signification et en engagement
mutuel. Nous en rendons grâce à Dieu.
La visite
mémorable de mon vénéré prédécesseur, le Pape
Jean-Paul II, à Athènes, dans le cadre de son pèlerinage
sur les pas de saint Paul, en 2001, demeure un point déterminant
dans l’intensification progressive de nos contacts et de
notre collaboration. Au cours de ce pèlerinage, le Pape
Jean-Paul II fut accueilli avec honneur et respect par
Votre Béatitude et par le Saint-Synode de l’Église de
Grèce, et nous nous souvenons en particulier de l’émouvante
rencontre à l’Aréopage où saint Paul prêcha. Des échanges
de délégations de prêtres et d’étudiants ont ensuite
eu lieu.
De même,
je ne voudrais ni ne pourrais oublier la fructueuse
collaboration qui s’est établie entre l’Apostolikì
Diakonia et la Bibliothèque Apostolique Vaticane.
De telles
initiatives contribuent à une connaissance concrète réciproque
et je ne doute pas qu’elles auront leur part dans la
promotion de relations nouvelles entre l’Église de Grèce
et l’Église de Rome.
Si nous
tournons notre regard vers l’avenir, Béatitude, nous
avons devant les yeux un vaste champ où pourra grandir
notre collaboration culturelle et pastorale.
Les différents
pays d’Europe travaillent à la création d’une
nouvelle Europe, qui ne peut pas être une réalité
exclusivement économique. Catholiques et orthodoxes sont
appelés à offrir leur contribution culturelle et surtout
spirituelle. Ils ont en effet le devoir de défendre les
racines chrétiennes du Continent, qui l’ont façonné
au cours des siècles, et de permettre ainsi à la
tradition chrétienne de continuer à se manifester et
d’œuvrer de toutes ses forces en faveur de la
sauvegarde de la dignité de la personne humaine, du
respect des minorités, en ayant soin d’éviter une
uniformisation culturelle qui risquerait d’entraîner la
perte d’immenses richesses de la civilisation ; de
même, il convient de travailler à la sauvegarde des
droits de l’homme, qui comprennent le principe de liberté
individuelle, en particulier de la liberté religieuse ;
ces droits sont à promouvoir et à défendre dans
l’Union européenne et dans chaque pays qui en est
membre.
En même
temps, il convient de développer une collaboration entre
chrétiens dans chaque pays de l’Union européenne, de
manière à faire face aux nouveaux risques auxquels est
confrontée la foi chrétienne, à savoir la sécularisation
croissante, le relativisme et le nihilisme, qui ouvre la
voie à des comportements et même à des législations
qui portent atteinte à la dignité inaliénable des
personnes et qui mettent en cause des institutions aussi
fondamentales que le mariage. Il est urgent d’entreprendre
des actions pastorales communes, qui constitueront pour
nos contemporains un témoignage commun et nous
disposeront à rendre compte de l’espérance qui est en
nous.
Votre présence
ici, à Rome, Béatitude, est le signe de cet engagement
commun. Pour sa part, l’Église catholique a une volonté
profonde d’entreprendre tout ce qui sera possible pour
notre rapprochement, en vue de parvenir à la pleine
communion entre catholiques et orthodoxes, et, pour l’heure,
en faveur d’une collaboration pastorale à tous les
niveaux possibles, afin que l’Évangile soit annoncé et
que le nom de Dieu soit béni.
Béatitude,
je vous renouvelle mes vœux de bienvenue, à vous-même
et aux frères bien-aimés qui vous accompagnent dans
votre visite. En vous confiant à l’intercession de la Théotokos,
je demande au Seigneur de vous combler de l’abondance
des Bénédictions célestes.
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