DISCORSO
DI BENEDETTO AL NUOVO AMBASCIATORE DEL CANADA
|
Radio
Vaticana 30 ottobre 2008
La
vera libertà dell'uomo al centro del discorso del Papa al
nuovo ambasciatore del Canada
L'esercizio
della libertà non è un valore assoluto, ma va legato
alle sue origini divine e alla legge morale naturale: in
caso contrario conduce ad uno svilimento del concetto di
essere umano. Così il Papa nel discorso al nuovo
ambasciatore del Canada, la signora Anne Leahy, ricevuta
oggi in occasione della presentazione delle Lettere
credenziali. Il servizio di Fausta
Speranza
Il
cattolicesimo ha rappresentato una chiave di volta
essenziale per la costruzione della società canadese. Lo
sottolinea Benedetto XVI ricordando che tra qualche mese
si celebrano i 40 anni di relazioni diplomatiche tra Santa
Sede e Canada, ma in realtà i legami profondi risalgono a
parecchi secoli fa. E il Papa ricorda le parole di
Giovanni Paolo II, che ha compiuto tre visite apostoliche
in Canada, di cui l’ultima in occasione della Giornata
Mondiale della Gioventù. I canadesi – diceva – sono
gli eredi di un umanesimo straordinariamente ricco, grazie
all’associazione di molti elementi culturali diversi. E
Benedetto XVI sottolinea che il punto focale di tutto ciò
sta nella concezione spirituale e trascendente della vita,
fondata sulla rivelazione cristiana.
Da qui, spiega il Papa viene una tradizione di impegno
sul piano internazionale: l’attitudine alle
collaborazioni multilaterali per la risoluzione di
problemi internazionali, in nome della pace e della
riconciliazione; con esempi concreti come l’impegno per
la Convenzione per l’interdizione delle mine antiuomo,
che ha avuto un successo particolare, e il contributo per
la stabilizzazione della situazione nella regione dei
Grandi Laghi in Africa. Congratulandosi per tutto ciò, il
Papa esprime poi la preoccupazione per i segni di alcuni
cambiamenti in atto anche in Canada, nel senso dello
svilimento del concetto dell’essere umano. E il Papa
parla chiaramente di “difesa e promozione della vita e
della famiglia fondata sul matrimonio”. Il Papa invita i
canadesi a riflettere su tutto ciò partendo dal concetto
di libertà: l’esercizio della libertà – dice – è
troppo spesso invocato per giustificare delle distorsioni.
Viene concepito “solo come valore assoluto, come un
diritto inalienabile dell’individuo, ignorando –
aggiunge il Papa – le origini divine della libertà e
della sua dimensione comunitaria”. “L’esercizio
della libertà – chiarisce il Papa – implica il
riferimento a una legge morale naturale, a carattere
universale, che preceda e unisca tutti i diritti e i
doveri”. In particolare il Papa parla dell’importanza
del diritto dei genitori ad assicurare l’insegnamento
religioso ai propri figli e dunque il valore delle scuole
cattoliche. Poi il Papa non manca di menzionare quelli che
definisce segni di speranza, ricordando innanzitutto la
“piena riuscita del 49esimo Congresso eucaristico
Internazionale che si è svolto il 22 giugno scorso in
Canada”. Si rallegra della tradizionale attitudine
all’accoglienza del popolo canadese incoraggiando tutti
a esercitarla in particolare nei confronti delle persone
più fragili. Il Papa si compiace anche di vedere
rivitalizzate i legami di intenti tra la Chiesa cattolica
e le comunità autoctone del Canada. A proposito del
tradizionale impegno del Canada sul piano internazionale
il Papa ricorda l’obiettivo di “un mondo più giusto e
più solidale dove la persona umana sia rispettata nella
sua vocazione fondamentale”.
DISCORSO DEL
SANTO PADRE
Madame
l’Ambassadeur,
C’est
avec joie que je vous souhaite la bienvenue à l’occasion
de la présentation des Lettres qui vous accréditent
comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du
Canada près le Saint-Siège, et je vous remercie des
salutations chaleureuses que vous m’avez adressées de
la part de Madame la Gouverneure Générale du Canada. En
retour, je vous saurais gré de lui exprimer mes vœux
cordiaux pour sa personne ainsi que pour le peuple
canadien tout entier, souhaitant que la nouvelle législature
qui commence dans votre pays contribue à la promotion du
bien commun et à l’affermissement d’une société
toujours plus fraternelle.
Le
dialogue confiant que Votre Excellence a désormais la
charge d’entretenir entre le Canada et le Saint-Siège a
déjà une longue histoire, puisque, comme vous l’avez
relevé, nous célébrerons dans quelques mois le 40ème
anniversaire de l’établissement de nos relations
diplomatiques. Toutefois, les liens entre le Siège
Apostolique et votre pays remontent à plusieurs siècles.
Ces relations ont donné une inflexion particulière aussi
bien à la présence de l’Église qu’à l’attention
que le Saint-Siège porte à votre pays. D’ailleurs, il
n’est pas sans signification que le Pape Jean-Paul II
ait effectué trois voyages apostoliques au Canada, dont
le dernier eut lieu en 2002 à l’occasion de la XVIIème
Journée mondiale de la Jeunesse, à la réussite de
laquelle vous avez personnellement contribué. Et je
voudrais rappeler ici ce que mon vénéré Prédécesseur
disait à son arrivée à Toronto, s’adressant au
Premier Ministre : « Les Canadiens sont les héritiers
d’un humanisme extraordinairement riche, grâce à l’association
de nombreux éléments culturels divers. Mais le noyau de
votre héritage, c’est la conception spirituelle et
transcendante de la vie, fondée sur la Révélation chrétienne,
qui a donné une impulsion vitale à votre développement
comme société libre, démocratique et solidaire,
reconnue dans le monde entier comme un chantre des droits
de la personne humaine et de sa dignité » (À
l’aéroport de Toronto, 23 juillet 2002). Dans cette
perspective, je suis particulièrement heureux de la
revitalisation des liens d’entente entre l’Église
catholique et les communautés autochtones du Canada, dont
un signe très positif a été la visite d’un de leurs
représentants à l’Assemblée de la Conférence épiscopale
canadienne.
Je me réjouis
aussi de l’attachement de votre pays à développer les
collaborations multilatérales en faveur de la solution de
nombreux problèmes qui défient l’humanité en notre
temps. L’engagement du Canada dans les efforts de la
Communauté internationale en vue de la recherche et de la
consolidation de la paix et de la réconciliation dans
plusieurs régions du globe est un apport important à
l’établissement d’un monde plus juste et plus
solidaire où toute personne humaine est respectée dans
sa vocation fondamentale. À cet égard, nous pouvons
mentionner l’engagement du Canada et du Saint-Siège,
avec d’autres pays, pour soutenir l’application de la
Convention pour l’interdiction des mines antipersonnel
et pour promouvoir son universalisation. Cette Convention
représente un instrument international qui a enregistré
un succès rarement atteint dans le domaine du désarmement
en des temps récents, montrant, comme l’a dit le Pape
Jean-Paul II, que « lorsque des États s’unissent,
dans un climat de compréhension, de respect mutuel et de
coopération, pour s’opposer à une culture de mort et
pour édifier dans la confiance une culture de la vie,
c’est la cause de la paix qui avance dans la conscience
des personnes et de l’humanité tout entière »
(22 novembre 2004). De même, le Canada et le Saint-Siège,
avec d’autres pays, s’efforcent d’apporter leur
contribution à la stabilité, à la paix et au développement
dans la région des Grands Lacs en Afrique.
Comme
vous venez de le relever, Madame l’Ambassadeur, grâce
aux institutions qu’il a créées et à la culture qu’il
a promue, le catholicisme a représenté une clé de voûte
essentielle de l’édifice de la société canadienne.
Cependant, de nos jours, de profonds changements s’y
sont produits et s’y produisent encore. Les signes de
ces évolutions sont visibles dans plusieurs domaines et
sont parfois préoccupants au point de se demander s’ils
ne signifieraient pas aussi une régression dans la
conception de l’être humain. Ils concernent surtout les
domaines de la défense et de la promotion de la vie et de
la famille fondée sur le mariage naturel. Étant bien
connus, il n’est pas nécessaire de s’y appesantir.
Dans ce
contexte, je voudrais plutôt encourager l’ensemble des
Canadiens et Canadiennes à réfléchir profondément sur
le chemin que le Christ invite à tracer. Il est lumineux
et plein de vérité. Une culture de vie pourrait irriguer
de nouveau l’ensemble de l’existence personnelle et
sociale canadienne. Je sais que c’est possible et que
votre pays en est capable. Pour y aider, il me semble nécessaire
de redéfinir le sens de l’exercice de la liberté,
expression trop souvent invoquée pour justifier certains
débordements. De plus en plus, en effet, son exercice est
perçu comme étant seulement une valeur absolue - un
droit intangible de l’individu - tout en ignorant l’importance
des origines divines de la liberté et de sa dimension
communautaire nécessaire à sa construction. Selon cette
interprétation, l’individu seul pourrait décider et
choisir la physionomie, les caractéristiques et les
finalités de la vie, de la mort et du mariage. La vraie
liberté se fonde et se développe ultimement en Dieu.
Elle est un don qu’il est possible d’accueillir comme
un germe et de faire mûrir de manière responsable pour
enrichir vraiment la personne et la société. L’exercice
de cette liberté implique la référence à une loi
morale naturelle, à caractère universel, qui précède
et unit tous les droits et les devoirs. Dans cette
perspective, je voudrais apporter mon appui aux
initiatives des Évêques canadiens pour favoriser la vie
familiale, et donc pour favoriser la dignité de la
personne humaine.
Parmi les
institutions ecclésiales de votre pays, Excellence, les
écoles catholiques jouent un rôle important pour l’éducation
humaine et spirituelle de la jeunesse et elles rendent
ainsi un service de grande valeur à votre pays. Aussi,
l’enseignement religieux doit-il y tenir la place qui
lui revient, tout en respectant la conscience de chacun
des élèves. En effet, c’est un droit inaliénable pour
les parents d’assurer l’éducation religieuse de leurs
enfants. L’enseignement de la religion, en raison de la
contribution spécifique qu’il peut apporter, représente
une ressource fondamentale et indispensable pour une éducation
qui a parmi ses objectifs premiers la construction de la
personnalité de l’élève et le développement de ses
capacités, en intégrant les dimensions cognitive,
affective et spirituelle. En contribuant ainsi à la
transmission de la foi aux nouvelles générations et en
les préparant au dialogue entre les différentes
composantes de la nation, les écoles catholiques réalisent
une exigence constante de la mission de l’Église, pour
le bien de tous, et elles enrichissent l’ensemble de la
société canadienne.
Madame
l’Ambassadeur, les signes d’espérance ne manquent pas
aujourd’hui. Ainsi, je me réjouis de la pleine réussite
du 49ème Congrès Eucharistique International
qui s’est conclu dans votre pays le 22 juin dernier.
Dans cette rencontre ecclésiale importante, nous pouvons
discerner un signe encourageant que les vieilles racines
de l’arbre du catholicisme sont encore vivantes au
Canada et qu’elles peuvent le faire refleurir. Nombreux
ont été les pèlerins qui ont pu bénéficier de l’hospitalité
chaleureuse de votre peuple. Je voudrais remercier
vivement les Autorités de votre pays pour l’effort fait
pour favoriser cet évènement. Fidèle à une longue
tradition, malgré les difficultés de notre époque, le
Canada a su demeurer une terre d’accueil. J’encourage
les Canadiens et les Canadiennes à poursuivre généreusement
cette belle tradition d’ouverture particulièrement à
l’égard des personnes les plus fragiles.
Je saisis
cette occasion, Excellence, pour vous demander de saluer
chaleureusement la communauté catholique de votre pays.
Dans le contexte souvent complexe où l’Église est
appelée à exercer sa mission, j’encourage les Évêques
et les fidèles à continuer à mettre leur espérance
dans la Parole de Dieu et à témoigner sans crainte parmi
leurs compatriotes de la puissance de l’amour divin. Que
l’engagement des chrétiens dans la vie de la société
soit toujours l’expression d’un amour qui cherche le
bien intégral de l’homme !
Alors que
vous commencez votre mission, assurée que vous trouverez
toujours un accueil attentif auprès de mes collaborateurs,
je vous offre, Madame l’Ambassadeur, mes vœux cordiaux
pour son heureux accomplissement, afin que les relations
harmonieuses qui existent entre le Canada et le Saint-Siège
puissent se poursuivre et s’approfondir. Sur Votre
Excellence, sur sa famille et sur ses collaborateurs,
ainsi que sur les Responsables et sur les habitants du
Canada, j’invoque de grand cœur l’abondance des Bénédictions
divines.
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