Fonte,
Radio Vaticana, 20 maggio 2007
Forte
della sua fede cristiana, il Rwanda costruisca un futuro
di pace e fraternità: messaggio del Papa in occasione del
13.mo anniversario del genocidio che sfigurò il Paese
africano
La fede
cristiana aiuti il popolo del Rwanda a “superare un
passato di errori e di morte” e a costruire un “Paese
nuovo” fondato sull’unità fraterna e la pace: è
l’esortazione di Benedetto XVI, contenuta in una lettera
al presidente del Rwanda, Paul Kagame, in occasione del 13.mo
anniversario dell’inizio del genocidio, evento
commemorato lo scorso 7 aprile. Nel messaggio, reso noto
oggi, il Papa si unisce in preghiera ai famigliari delle
vittime del genocidio e assicura la sua vicinanza
spirituale a quanti hanno sofferto a causa di quel
terribile massacro, che ha provocato la morte di centinaia
di migliaia di innocenti. Il servizio di Alessandro
Gisotti:
Guidati dalle autorità politiche e religiose, i
rwandesi “si impegnino in maniera più generosa ed
efficace in favore della riconciliazione nazionale”: è
l’appello di Benedetto XVI, che nella lettera al
presidente Kagame chiede anche maggiori sforzi “per la
costruzione di un Paese nuovo, nella verità e nella
giustizia, nell’unità fraterna e nella pace”. Il Papa
assicura la sua vicinanza a quanti sono stati colpiti dal
“terribile massacro, senza distinzione di fede,
appartenenza etnica o politica”. E ribadisce che la fede
cristiana, “se vissuta con coerenza”, può essere
“un aiuto efficace per superare un passato di errori e
di morte, il cui punto culminante fu il genocidio del
1994”. Allo stesso tempo, rileva il Pontefice, “questa
fede rafforza la fiducia nella possibilità offerta a
tutti i rwandesi, riconciliati tra loro, di costruire
assieme un avvenire migliore”. Un futuro che riscopra
“la novità dell’amore che è la sola forza in grado
di condurre alla perfezione personale e sociale e di
orientare la storia verso il bene comune”. Le
motivazioni religiose che sono alla base dell’impegno
dei cattolici nella vita quotidiana, aggiunge il Papa,
costituiscano “un punto di incontro tra i cristiani e
tutti gli uomini di buona volontà”. Benedetto XVI
rammenta infine che la Chiesa “conosce gli effetti del
mistero del male”, ma sa anche che la “morte non ha
l’ultima parola, perché essa è stata sconfitta dalla
morte vittoriosa del Figlio di Dio”.
MESSAGGIO DEL
SANTO PADRE
À Son
Excellence Monsieur Paul Kagame
Président de la République du Rwanda
Le treizième
anniversaire du début du génocide dans son cher pays, le
Rwanda, qui sera marqué, le 7 avril, par une journée de
deuil national, coïncide avec le Samedi Saint, selon le
calendrier de l’Église catholique et d’autres
confessions chrétiennes.
Pour les
croyants, ce samedi n’est pas un samedi comme les autres,
mais il s’agit d’un des jours les plus importants sur
le plan liturgique : après la tragédie du Golgotha,
où les païens ont crucifié l’Innocent, les croyants
attendent la pleine réalisation de la parole du Christ
qui a dit : « Moi, je suis la résurrection et
la vie » (Jn 11, 25).
Ce samedi
sera aussi pour les Rwandais un jour très important et
différent des autres jours, parce qu’ils feront mémoire
des centaines de milliers de personnes innocentes qui, il
y a treize ans, furent les victimes de terribles massacres
du génocide. Emportés par cette marée de haine et de
vengeance, beaucoup de religieux et d’ecclésiastiques
perdirent aussi la vie.
L’Église
connaît les effets du « mystère d’iniquité »
(2 Th 2, 7), mais elle sait aussi que la mort n’a
pas le dernier mot, parce qu’elle a été vaincue par la
mort victorieuse du Fils de Dieu et que toute personne
possède en elle des qualités et des énergies
suffisantes pour triompher du mal par le bien, spécialement
si elles sont soutenues par la puissance du Christ Rédempteur.
En signe
de proximité et de communion avec leur concitoyens, les
Évêques du Rwanda ont décidé de reporter la célébration
de certains sacrements de l’Église – baptêmes et
mariages – parce qu’une telle célébration est généralement
accompagnée par des festivités en famille et avec des
amis, qui ne sont pas compatibles avec le deuil national.
Je désire,
moi aussi, m’unir à votre deuil national et en
particulier à la prière pour toutes les victimes de cet
horrible carnage, sans aucune distinction de croyance
religieuse ou d’appartenance ethnique et politique.
Je
souhaite ardemment que tous les Rwandais, guidés par les
Autorités civiles et religieuses, s’engagent de manière
plus généreuse et plus efficace en faveur de la réconciliation
nationale et pour la construction d’un pays nouveau,
dans la vérité et dans la justice, dans l’unité
fraternelle et dans la paix.
Les
motivations religieuses, qui sont à la base de
l’engagement des catholiques dans la vie quotidienne,
familiale et sociale, et les principes moraux qui en découlent,
constituent un point de rencontre entre les chrétiens et
tous les hommes de bonne volonté (Cf. Compendium de la
Doctrine sociale, n. 579).
La foi
chrétienne, qui est partagée par la majorité du peuple
rwandais, constitue, si elle est vécue avec cohérence et
en plénitude, une aide efficace pour dépasser un passé
d’erreurs et de mort, dont le point culminant fut le génocide
de 1994 ; dans le même temps, cette foi stimule la
confiance dans la possibilité offerte à tous les
Rwandais, réconciliés entre eux, d’édifier ensemble
un avenir meilleur, en redécouvrant la nouveauté de
l’amour, qui est la seule force pouvant conduire à la
perfection personnelle et sociale, et orienter l’histoire
vers le bien (ibidem, n. 580).
Avec ces
souhaits, j’invoque sur vous, Monsieur le Président, et
sur le peuple rwandais tout entier, la Bénédiction du
Dieu Tout-Puissant.
Du
Vatican, le 3 avril 2007.
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