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VISITA
AD LIMINA DI UN GRUPPO DI VESCOVI DEL CONGO (6/02/2006) |
Ascolta il servizio trasmesso da Radio Vaticana
Radio Vaticana,
6 febbraio 2006
“NON
DIMENTICARE L’AFRICA”: BENEDETTO XVI SI APPELLA ALLA
SOLIDARIETA’ VERSO IL CONTINENTE NEL DISCORSO AI VESCOVI
DELLA REPUBBLICA DEMOCRATICA DEL
CONGO, IN VISITA AD
LIMINA
Il
mondo non dimentichi l'Africa e i vescovi africani,
affiancati da tutti i credenti, siano i primi
“profeti” della giustizia e della pace nel continente.
E’ l’appello che Benedetto XVI ha lanciato questa
mattina incontrando i vescovi della Repubblica Democratica
del Congo, al termine della loro visita ad
Limina. Nel suo discorso, il Papa ha parlato dell’inculturazione,
del problema delle sette e dell’urgenza di difendere il
vincolo matrimoniale e i giovani dai pericoli che ne
mettono a rischio l’esistenza. Il servizio di Alessandro
De Carolis.
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Azioni
coraggiose, perché l’Africa non può vincere da sola la
battaglia contro le miserie – dalla fame all’Aids –
che la feriscono. E’ quasi un grido quello con cui
Benedetto XVI sceglie di suggellare l’incontro con i
vescovi di una delle nazioni-simbolo dell’instabilità
africana – generata nel caso specifico dal lungo
conflitto della regione dei Grandi Laghi – per
richiamare la comunità internazionale al dovere della
solidarietà. Quel “non dimenticare l’Africa” è
quasi uno slogan che arriva dopo una disamina nella quale
il Papa ha passato in rassegna luci e ombre della Chiesa e
della società della Repubblica Democratica del Congo. Il
primo invito è stato una sollecitazione a “tutti gli
abitanti del Paese”, perché si mobilitino “per
lavorare alla pace ed alla riconciliazione”, dopo gli
anni di guerra che hanno fatto, ha detto il Papa,
“specialmente nella vostra regione, milioni di
vittime”. Che tutti, ha invocato, “siano difensori
coraggiosi della dignità di ogni essere umano e testimoni
audaci della
carità di Cristo, per costruire una società sempre più
giusta e più fraterna”.
Scendendo
poi nel particolare della vita ecclesiale congolese,
Benedetto XVI ha dedicato un primo pensiero all’inculturazione:
IL
IMPORTE QUE VOUS POURSUIVIEZ LA TACHE EXIGEANTE…
“È
importante che perseguiate il compito esigente del
radicamento del Vangelo nella vostra cultura, rispettando
i valori africani ricchi ed autentici, ma purificando tali
valori da tutto ciò che potrebbe renderli incompatibili
con la verità del Vangelo”.
Il
Pontefice ha auspicato una “nuova vitalità” per
l’Eucaristia e la Riconciliazione, Sacramenti in grado
di rilanciare la vita spirituale ma anche collettiva dei
fedeli. Cura della famiglia – la cui integrità è
minata dall’emigrazione e dall’AIDS - istruzione
civica, uso dei media nell’evangelizzazione sono stati
alcuni altri temi toccati dal Papa nel suo intervento, nel
quale ha ribadito che la Chiesa è impegnata, “secondo
la sua vocazione propria”, ad “apportare un contributo
specifico per il bene comune e per il consolidamento dello
Stato di diritto”. Per ciò che concerne
l’utilizzazione della radio e della tv nell’annuncio
del Vangelo, Benedetto XVI ha riconosciuto uno specifico
vantaggio:
GRACE
A CES MOYENS, L’ÉGLISE…
“Grazie
a questi mezzi, la Chiesa potrà compiere meglio il suo
ministero profetico, in particolare per limitare l'azione
delle sette, che utilizzano abbondantemente le tecnologie
nuove per attirare e confondere i fedeli”.
Dopo
aver parlato della “eminente dignità del matrimonio
cristiano, unico ed indissolubile”, Benedetto XVI si è
soffermato sulla “ricchezza” e la “vitalità dei
giovani, indebolite però, ha riconosciuto ,
“dall'insicurezza dinanzi al futuro”, dalla
“precarietà”, dalle “inquietanti devastazioni”
provocate dall'AIDS. Il Papa, collegandosi all’auspicio
iniziale, ha concluso affermando di condividere
il desiderio della Chiesa congolese “di vedere la
riconciliazione e la pace trionfare” nel Paese in modo
duraturo, specialmente “in tutta la regione dei Grandi
Laghi”, grazie ad un’azione comune e
“responsabile” dei governanti. Infine, la chiamata a
raccolta della comunità internazionale “per non
dimenticare l'Africa”. Una presenza che sia fatta di
“azioni coraggiose e determinate” per consolidarne la
stabilità politica ed economica.
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DISCORSO
DEL PAPA
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FONTE: VATICAN INFORMATION SERVICE -
Chers Frères
dans l’Épiscopat,
C’est
avec joie que je vous accueille alors que vous venez en pèlerinage
sur les lieux où les Apôtres Pierre et Paul ont témoigné
du Christ Sauveur jusqu’au martyre. Je souhaite vivement
que vos rencontres avec le Pape et ses collaborateurs,
expression de communion de vos Églises locales au Siège
de Pierre, fassent grandir en vous l'élan apostolique au
service du peuple de Dieu qui vous est confié. Je vous
remercie de tout ce dont vous m’avez fait part au cours
de nos rencontres. Assurez vos diocésains de ma proximité
spirituelle, alors qu’ils sont invités, avec tous les
habitants du pays, à se mobiliser pour travailler à la
paix et à la réconciliation, au lendemain des années de
guerre qui ont fait, spécialement dans votre région, des
millions de victimes. Qu’ils soient de courageux défenseurs
de la dignité de tout être humain et des témoins
audacieux de la charité du Christ, pour bâtir une société
toujours plus juste et plus fraternelle !
L’engagement
pour la paix est un défi lancé à la mission évangélisatrice
de l’évêque. Vos rapports quinquennaux décrivent les
conditions difficiles dans lesquelles vous exercez votre
ministère. Les conflits passés et les foyers d’insécurité
qui perdurent laissent de profondes blessures dans la
population, provoquant lassitude et découragement. En
cette année que votre Église locale consacre à la
Bienheureuse Anuarite Nengapeta, je souhaite que l’impératif
de la charité vous mobilise et que, par la sainteté de
vos vies et par le dynamisme missionnaire qui vous anime,
vous soyez vous-mêmes des prophètes de la justice et de
la paix. En effet, la «charité n’est pas pour l’Église
une sorte d’activité d’assistance sociale qu’on
pourrait aussi laisser à d’autres, mais elle appartient
à sa nature, elle est une expression de son essence
elle-même, à laquelle elle ne peut renoncer» (Lettre
Encyclique Deus caritas est, n. 25). Je me réjouis
du travail pastoral de proximité réalisé dans les Communautés
ecclésiales vivantes par les prêtres, par les
personnes consacrées ainsi que par les différents
organismes caritatifs, pour porter en commun ce souci de
la charité vécue au service des plus petits, en devenant
des témoins crédibles de l’amour que le Christ leur
porte. Travaillez à l’unité du peuple de Dieu et
donnez-vous sans compter pour le constituer en peuple de
frères, rassemblés par le Christ et envoyés par Lui !
Il
importe que vous poursuiviez la tâche exigeante de l’enracinement
de l’Évangile dans votre culture, en respectant les
riches et authentiques valeurs africaines mais aussi en
purifiant ces valeurs de tout ce qui pourrait les rendre
incompatibles avec la vérité de l’Évangile. Il est
aussi souhaitable qu’une nouvelle vitalité soit donnée
au Sacrement de la pénitence, par lequel Dieu libère
l’homme du péché, lui permettant d’être toujours
davantage ferment de réconciliation et de paix dans l’Église
et dans la société. Les prêtres et les fidèles sont
appelés à redécouvrir dans l’Eucharistie le centre de
leur existence, accueillant dans cette grande école de
paix le sens profond de leurs engagements et un appel
puissant à devenir des artisans de dialogue et de
communion (cf. Mane nobiscum Domine, n. 27).
Édifier
l’Église Famille de Dieu dans votre pays, comme
ailleurs, est une tâche exigeante, mais je connais le
dynamisme apostolique qui vous anime. Il est heureux que
la Conférence épiscopale nationale du Congo, par ses
multiples interventions, n’ait pas ménagé ses efforts
pour ouvrir dans les cœurs et dans les consciences des
chemins de réconciliation et de communion fraternelle. À
ce propos, on souhaite que la campagne de sensibilisation
mise en œuvre, en relation avec les Responsables des
autres confessions religieuses, afin de proposer à tous
les citoyens une éducation civique, porte de bons fruits.
L’Église est appelée à participer à cette œuvre, à
la place qui lui revient et selon sa vocation propre, et
à apporter une contribution spécifique au bien commun et
à la consolidation de l’état de droit, manifestant son
engagement quotidien au bien-être matériel et spirituel
de tous les Congolais. Pour cela, il importe de proposer
aux responsables politiques du pays une formation spécifique.
En approfondissant le riche patrimoine de la doctrine
sociale de l’Église, ils pourront réfléchir à leur
engagement au service du bien commun et en mesurer les
exigences morales, pour travailler à la mise en place
d’institutions justes, au service du renouvellement de
la société.
Pour que
la Parole de l’Évangile soit entendue en tout point du
pays et pour que l’enseignement de l’Église influe en
profondeur sur les consciences, les mentalités et les mœurs,
l’utilisation des moyens de communication sociale, en
particulier la radio et la télévision, s’avère plus
que jamais nécessaire et demeure pour vous une préoccupation
constante. Aussi grâce à ces moyens, l’Église
pourra-t-elle mieux accomplir son ministère prophétique,
en particulier pour limiter l’action des sectes qui
utilisent abondamment les technologies nouvelles pour
attirer et confondre les fidèles. Les médias modernes
permettent une activité éducative, animée par la
passion de la vérité, mais aussi une action visant à défendre
la liberté et le respect de la dignité de la personne,
et à favoriser la culture authentique de votre peuple (cf.
Christifideles laici, n. 44).
L’évangélisation
de la famille constitue aussi une priorité pastorale. Les
mouvements de personnes réfugiées ou déplacées, la
pandémie du sida, mais aussi les mutations importantes de
la société contemporaine, ont disloqué de nombreuses
familles, fragilisant l’institution familiale, avec le
risque de porter atteinte à la cohésion de la société
elle-même. Il importe, à tous les niveaux de la vie diocésaine
et sociale, d’encourager les catholiques à préserver
et à promouvoir les valeurs fondamentales de la famille.
Dans cet esprit, il convient d’être attentif à la préparation
humaine et spirituelle des couples et au suivi pastoral
des familles, rappelant l’éminente dignité du mariage
chrétien, unique et indissoluble, et proposant une
spiritualité conjugale solide pour que les familles
grandissent en sainteté.
La Vie
consacrée est présente en République démocratique du
Congo dans la riche diversité de ses formes. Je salue
bien affectueusement toutes les personnes consacrées;
elles ont le souci de témoigner de l’amour du Christ
auprès leurs frères. Je rends notamment hommage à ceux
et celles qui, dans des conditions extrêmes, ont choisi
de rester auprès des populations éprouvées pour leur
apporter l’assistance, le réconfort et le soutien
spirituel nécessaires. J’invite toutes les personnes
consacrées, signes irremplaçables du Royaume qui vient,
à donner un témoignage prophétique dans l’Église et
dans la société congolaise, les appelant notamment, dans
une fidélité parfaite aux conseils évangéliques, à
rejeter toute tentation de repli identitaire et à
propager un réel esprit de fraternité entre tous.
Les
jeunes font preuve d’une grande vitalité; ils sont une
vraie richesse pour l’Église et pour tout le pays. Ils
constituent cependant une population fragilisée par l’insécurité
devant l’avenir, par l’expérience de la précarité,
par les inquiétants ravages du sida. Il vous revient de
nourrir leur foi et leur espérance, en leur proposant une
formation chrétienne solide. On pense en particulier aux
initiatives pastorales destinées à permettre aux enfants
de la rue et aux enfants soldats de se reconstruire
humainement et spirituellement. J’appelle aussi les écoles
catholiques, ainsi que toutes les personnes qui portent le
souci de la formation et de l’éducation des jeunes, à
leur donner les moyens de grandir dans la charité, de
cultiver le goût de l’effort et de s’entraîner au
respect mutuel, à l’apprentissage du dialogue et du
service de la communauté, afin qu’ils soient des
membres actifs de l’évangélisation et du
renouvellement du tissu social.
Chers Frères
dans l’Épiscopat, au terme de notre rencontre, comment
ne pas vous redire l’espérance fondée que je partage
avec vous de voir la réconciliation et la paix triompher
dans votre pays et dans toute la Région des Grands Lacs !
Que tous ceux qui président aux destinées de la nation
agissent de manière concertée et responsable pour
parvenir à une paix durable ! J’appelle aussi la
Communauté internationale à ne pas oublier l’Afrique,
en poursuivant notamment des actions courageuses et déterminées
pour consolider la stabilité politique et économique de
votre pays. J’exhorte enfin vos communautés à s’engager
«dans une action intense et capillaire d’éducation et
de témoignage qui fasse grandir en chacun la conscience
de l’urgence de découvrir toujours plus profondément
la vérité de la paix» (Message pour la célébration
de la Journée mondiale de la paix 2006, 8 décembre
2005, n. 16). En retournant dans vos diocèses, portez à
tous vos prêtres, diacres, religieux, religieuses, catéchistes
et fidèles laïcs l’affection du Successeur de Pierre,
qui les appelle à vivre au quotidien le service de la
charité, en étant toujours plus unis au Christ, et qui
leur adresse, ainsi qu’à vous-mêmes, une particulière
Bénédiction apostolique.
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